Lieu (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

I.
X e siècle, loc, leu . Issu du latin locus, de même sens.
1. Portion déterminée de l'espace. Arriver dans un . Quitter un . Lieu élevé, humide, agréable, solitaire, désert. C'est le plus beau du monde. En quelque qu'il aille, il s'ennuie. Loc. De en , de place en place ; par endroits. En tout ou en tous x, partout. À toute heure, en tout , toujours et partout. Spécialt. Site, localité, pays. Être originaire du . Étudier les noms de x. Au dit « La Saussaie » . Expr. N'avoir ni feu ni , n'avoir pas de domicile fixe, vagabonder. Au pluriel, surtout dans la langue juridique ou administrative, se dit de l'ensemble des pièces d'une habitation, des parties d'une propriété, etc. Entrer dans les x. Quitter, vider les x. Visiter les x. Prendre les x en l'état. État de x ou, plus souvent, état des x, voir . Par ext. Le maître des x, le propriétaire ou, simplement, le maître de maison. Complément circonstanciel de , élément de la phrase indiquant en quel endroit se situe l'action ou l'état qu'exprime le verbe. « Dans la forêt », « vers la ville », « de Lyon », « à travers les champs » sont des compléments circonstanciels indiquant le où l'on est, le où l'on va, le d'où l'on vient, le par où l'on passe. « Ailleurs », « ici », « partout » sont des adverbes de . . Unité de , une des trois règles imposées à la tragédie classique, avec l'unité de temps et l'unité d'action, et qui veut que l'action d'un poème dramatique se passe tout entière dans un seul et même endroit. Pris figurément, dans la locution Lieux communs, voir . Lieu géométrique, voir .
2. Portion de l'espace, considérée selon sa destination. Lieu public, privé. Lieu de franchise, voir . Lieu d'asile. Mettre quelque chose, quelqu'un en sûr, dans un endroit protégé, à l'abri de tout danger. Lieu d'assemblée, de récréation, de promenade. Lieu de travail, d'habitation, de séjour. Un de plaisir, de débauche, de perdition ou un mauvais . Les x d'aisances ou, ellipt., les x, les latrines. Par ext. Se dit de l'endroit convenable pour dire ou faire quelque chose. Ce n'est pas ici le de débattre de cette question. J'ai parlé de ce sujet en son . Nous en déciderons en temps et . Ce n'est vraiment ni le temps ni le .
3. Portion de l'espace, déterminée par ce qui s'y produit ou s'y est produit. Date et de naissance. Le de la bataille. Le ou les x du crime, de l'accident et, au pluriel, ellipt., surtout dans le langage juridique, les x. Un transport de justice, une descente sur les x. Un saint, qui a été consacré. Les Lieux saints, la Terre sainte, les x où se déroula la vie du Christ. Un pèlerinage aux Lieux Saints. Visiter les Saints Lieux. Loc. Un haut de, voir .
4. Fig. Place, rang. Je suis en bon pour le savoir, à la meilleure place. Nous traiterons cette question en premier , en second , en dernier . . Chaque créancier viendra en son . Être au et place de quelqu'un, le remplacer dans ses droits et actions. Subrogé en son et place. Loc. verb. Tenir de, être à la place de, remplacer, suppléer. Il vous a tenu de père. Votre amitié me tient de tout. Avoir , se produire, prendre place. Cet évènement eut en juin dernier. Cette fête a tous les ans à la même date. S'est dit autrefois pour Maison, famille, considérée selon son rang, sa position sociale. Cette personne est de bon , de bonne famille. Il s'est allié en bon . Loc. En haut et De haut , voir .
5. S'emploie dans plusieurs locutions verbales, avec le sens de Motif, sujet, occasion. Donner à, être l'occasion de, provoquer. Cet évènement donna à des réjouissances publiques. Ce texte a donné à des interprétations multiples. Avoir de, avoir quelque raison de. J'ai de me plaindre de votre conduite. Cela n'a pas d'être, de se faire. Il y a de (suivi de l'infinitif), il convient de, il est légitime de. Il y a de douter, de craindre. Il y a tout d'espérer. Il n'y a pas de s'alarmer. Ellipt. Je vous avertirai, s'il y a . Il y a à, suivi d'un substantif, sans l'article. Il y a à contestation, à réclamation.
6. Loc. prép. Au de, à la place de, en place de. Au de mon frère, c'est mon cousin qui est venu. J'ai pris le premier tome au du second. Que mettez-vous au de ce mot que vous avez supprimé ? Suivi de l'infinitif, pour souligner l'opposition entre deux actions, entre ce qui est et ce qui pourrait ou devrait être. Loin de, plutôt que de. Au de secourir son ami, il l'a abandonné. Au de critiquer, vous devriez m'aider. Loc. conj. (vieilli). Au que, alors que, tandis que. On avait prévu cent spectateurs au qu'il en est venu le double. Suivi du subjonctif, avec le sens de Loin que. Au qu'il soit mon ennemi, j'apprécie sa compagnie.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Portion de l'espace, soit prise en elle-même, soit considérée par rapport à ce qui l'occupe. "Lieu vaste, étroit, resserré. Lieu élevé, bas, enfoncé, souterrain. Lieu humide, marécageux, malsain. Lieu agréable, charmant, affreux, désert, solitaire, inhabité. C'est le plus beau du monde. C'est un de délices. Changer de . En quelque qu'il aille, il s'ennuie. Veuillez me dire votre de naissance."
Il se dit aussi par rapport à la destination. "Un d'assemblée, de récréation. Lieu public. Lieu privé. Le criminel était arrivé au du supplice. Quel est le du rendez-vous? Mettre une chose en sûr, en de sûreté."
"Le saint, le saint ," L'église, le temple.
"Les saints x," Les x de la terre sainte qui sont célèbres par les mystères de notre rédemption. "Visiter les saints x."
"Lieu de plaisance," Maison de campagne uniquement destinée à l'agrément. Il est vieux.
"Lieu de franchise, d'asile," Lieu où, en vertu de quelque privilège, on est à l'abri de certaines poursuites. "Les maisons des ambassadeurs sont des x de franchise. Autrefois les églises étaient des x d'asile."
"Mauvais ," Maison de débauche. "Hanter, fréquenter les mauvais x."
"Lieux d'aisances," ou simplement "Lieux," Les latrines.
Il se dit également d'un Endroit désigné, indiqué; et alors on le met souvent au pluriel. "Nous irons sur les x. Se transporter sur les x. Les juges ordonnèrent une descente sur les x. Une descente de x."
Il se prend aussi, surtout au pluriel, pour les Appartements et les différentes pièces d'une maison, d'une ferme, etc. "Il faut visiter les x et voir s'ils sont en état. Réparer les x. État des x. État de x."
Prov., "N'avoir ni feu ni ," Être vagabond, sans demeure assurée; ou Être extrêmement pauvre.
En termes de Géométrie, il se dit d'une Ligne droite ou courbe, dont tous les points servent à résoudre un problème qui a une infinité de solutions. "Lieu géométrique."
En termes d'Astronomie, il se dit du Point du ciel auquel répond une planète, une comète. Comme nous les voyons de la surface de la terre, nous les rapportons à un point différent de celui où elles seraient vues du centre de la terre; ce qui fait qu'on distingue le "Lieu apparent" du "Lieu véritable :" la différence s'appelle "Parallaxe. Lieu astronomique."
Il a signifié encore Place, rang. "Il tient le premier . Il faut que chaque chose y soit en son ," Il faut que chaque chose soit à la place qui lui convient. Il se dit surtout en termes de Procédure. "Chaque créancier viendra en son ."
En termes de Procédure, "Être au et place de quelqu'un," Avoir la cession de ses droits et actions. On dit de même "Subrogé en son et place."
"En premier , en second , en troisième , en dernier ," Premièrement, secondement, troisièmement, enfin.
"Tenir de," signifie Remplacer, suppléer. "Votre amitié me tient de tout. Ses agréments lui tiennent de jeunesse. Il vous a tenu de père."
Il s'est pris autrefois pour Maison ou famille, comme dans ces phrases : "Cette personne est de bon ," Elle est de bonne famille. "Il s'est allié en bon ," Il s'est bien allié. "Il sent le d'où il vient," Il a les habitudes, les goûts des gens de sa classe.
Fam., "On a parlé de vous en bon ," On a parlé de vous en bonne compagnie.
"En haut ," Auprès d'un souverain, d'un prince, ou de quelque personnage important d'où dépend celui qui est en question. "Être bien vu en haut . Il lui revint qu'on n'était pas satisfait de lui en haut ."
Il signifie aussi l'Endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. "Ce n'est pas ici le de parler de cela, le de disputer. Nous en parlerons en temps et . J'ai parlé de ce fait en son . Ce n'est ni le temps ni le de me demander cela."
Il signifie au figuré Moyen, sujet, occasion. "J'ai de me plaindre de votre conduite à mon égard. Je n'ai pas donné à vos reproches. Il n'y a pas de douter, de craindre, d'espérer. Je vous avertirai, s'il y a ."
"Avoir " se dit en parlant de l'Époque d'un événement. "Cet événement eut en dernier. La séance publique aura à la fin de ce mois."
LIEU s'est dit aussi d'un Endroit ou passage d'un livre. "En quel Platon l'a-t-il dit? Aristote dit dans plus d'un ..."
"Lieux communs." Voyez COMMUN.
AU LIEU DE, . À la place de, en place de. "Au de mon frère que j'attendais, il est venu un homme de sa part. Que mettez-vous au de cette phrase que vous avez ôtée? Cet officier servira au de tel autre. J'ai pris un volume de Racine, au d'un volume de Corneille."
AU LIEU DE marque aussi Opposition, différence. "Au de secourir son ami, il l'a abandonné. Au d'étudier, il ne fait que se divertir."
AU LIEU QUE, qui marque une opposition entre deux actions, entre deux états. "Il ne songe qu'à ses plaisirs, au qu'il devrait veiller à ses affaires."



1ère définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   L'espace qu'un corps occupe. Tout corps occupe un , remplit un , est dans un .
DESC.: « Les mots de et d'espace ne signifient rien qui diffère véritablement du corps que nous disons être en quelque , et nous marquent seulement sa grandeur, sa figure, et comment il est situé entre les autres corps »
DESC.: « Toutefois le et l'espace sont différents en leurs noms, parce que le nous marque plus expressément la situation que la grandeur ou la figure, et qu'au contraire nous pensons plutôt à celles-ci lorsqu'on nous parle de l'espace »
BOSSUET: « Vous [Dieu] avez fait le de la même sorte que vous avez fait le temps ; pour vous, Ô Dieu de gloire et de majesté, vous n'avez besoin d'aucun ; vous habitez en vous-même tout entier »

 2   Un espace quelconque, considéré sans aucun rapport avec les corps qui peuvent le remplir. Lieu humide, vaste, étroit, resserré. Voici un beau .
CORN.: « On s'y laisse duper autant qu'en de France »
CORN.: « Son bras ne dompte point de peuples ni de x Dont il ne rende hommage au pouvoir de mes yeux »
MOL.: « Vous le trouverez maintenant vers ce petit que voilà qui s'amuse à couper du bois »
MOL.: « Je sais que vos appas vous suivent en tous x »
SÉV.: « N'avez-vous point entendu le cri que j'ai fait ? toute la forêt l'a répété, et je suis trop heureuse d'être en où je n'ai de témoin de ce premier étonnement que les échos »
RAC.: « Prends garde que jamais l'astre qui nous éclaire Ne te voie en ces x mettre un pied téméraire »
LA BRUY.: « Il me semble que l'on dépend des x pour l'esprit, l'humeur, la passion, le goût et les sentiments »
VOLT.: « Allez, dis-je, et sachez quel , les a vus naître »
    Unité de , voy. UNITÉ.
    Fig. Champ, carrière.
PASC.: « Ce n'est point ici le pays de la vérité ; elle erre inconnue parmi les hommes.... ce est ouvert au blasphème »

 3   Il se dit par rapport à la destination. Un d'assemblée, de récréation. Un public. Le où l'on rend la justice. Le criminel était arrivé au du supplice.
SACI: « Quel est le du rendez-vous ? Le peuple immolait toujours dans les hauts x, parce que jusqu'alors on n'avait point encore bâti de temple au Seigneur »
SÉV.: « La Troche a si bien refagoté ses affaires qu'elle s'est établie dans cette bonne ville, y faisant le siége de son empire et le de toutes ses affaires »
MASS.: « On change le de la prière et l'asile sacré des pénitents, en une retraite de voleurs et en une maison de trafic et d'avarice »
    Lieu de sûreté, où l'on est en sûreté.
BOILEAU: « Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un de sûreté »
    En un autre sens. Lieu de sûreté, sûr, prison. On l'a mis en sûr.
MAINTENON: « On mettra toujours une femme en de sûreté »
    Le saint, le saint , l'église, le temple.
MASS.: « Il [Jésus] court dans ce saint [le temple] venger l'honneur de son Père »
    Chez les Hébreux, saint , sanctuaire qui précédait le saint des saints.
    Lieux réguliers, les endroits qui sont dans la clôture d'un monastère, et qui servent à la communauté.
    Les x saints, les saints x, les x où se sont opérés les principaux mystères de la rédemption.
    Les hauts x, les autels consacrés chez les Juifs aux fausses divinités, ainsi dits parce qu'ils étaient sur des montagnes.
RAC.: « Jéhu sur les hauts x enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir »
    Fig. Les hauts x, les temples, les autels de l'hérésie.
MASS.: « Trop zélé sacrificateur du temple de Sion pour souffrir que sous son ministère les hauts x se multiplient dans Israël »
    Lieu de plaisance, maison de campagne uniquement destinée à l'agrément.
    Lieu de franchise, d'asile, où, en vertu de quelque privilége, on est à l'abri de certaines poursuites. Les maisons des ambassadeurs sont des x de franchise (voy. ASILE, FRANCHISE).

 4   Mauvais , de débauche.
BOILEAU: « Heureux si ses écrits [de Régnier], craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des x où fréquentait l'auteur »
DUCLOS: « Port-Royal fut détruit avec la fureur qu'on eût employée contre une ville rebelle, et le scandale qu'on déploie dans un mauvais »
CHATEAUB.: « Cymodocée est condamnée aux x infâmes »

 5   Lieux d'aisances, ou, simplement, x, les latrines. Aller aux x d'aisances. Aller aux x.
    Lieux à l'anglaise, x dans lesquels la cuvette est fermée par une soupape qu'on ouvre à volonté.

 6   Endroit désigné, indiqué.
ROTR.: « Enfin, exprès, ma soeur, j'ai voulu qu'Hémon même Nous laissât le libre et n'en pût rien savoir »
MONTESQ.: « [Le juge] le fera lier [un voleur]... si c'est un Franc ; mais, si c'est une personne plus faible, il sera pendu sur le »
PICARD: « Allez chez le magistrat du , rendez plainte »
    Rendez-vous assigné.
CORNEILLE: « Prenez entre vous l'ordre et du temps et du ; Je m'y rendrai sur l'heure, et vais l'attendre ; adieu »
    Au plur. Terme de pratique. Les x, l'endroit dont il s'agit dans une affaire criminelle ou civile. Les juges ordonnèrent une descente sur les x.

 7   Il se prend, sur tout au pluriel, pour les différentes pièces d'une maison, d'une terre, d'une ferme. Voir si les x sont en état. Réparer les x.
    Vider les x, sortir d'un appartement, d'une maison en en ôtant son mobilier.
    État des x ou de x, écrit qui constate quelle est la condition d'une maison, d'une ferme, etc. au moment où le locataire la reçoit.
    N'avoir ni feu ni , être sans feu ni , être gueux, vagabond, sans domicile.
BOILEAU: « Ici la vertu n'a plus ni feu ni »

 8   Terme de géométrie. Toute surface, tout solide qui contient les différents points propres à résoudre une question indéterminée.
    Proposition qui a pour objet d'exprimer que tous les points qui satisfont à une même condition se trouvent situés sur une droite, un cercle, ou toute autre ligne.

 9   Terme d'astronomie. Le point du ciel auquel répond une planète, une comète.
MAIRAN: « Il [M. Halley] avait formé le projet de rassembler une suite complète d'observations sur les x de la lune »
    Lieu réel d'une planète, le point où elle se trouve sur son orbite, et moyen, celui où elle serait placée dans le même moment, si l'ellipse parcourue en des temps variables était une circonférence décrite d'un mouvement uniforme, et ayant pour diamètre la ligne des absides, LEGOARANT.
    Lieu héliocentrique, le point de l'écliptique auquel on rapporterait une planète vue du soleil. Lieu géocentrique, le point de l'écliptique auquel on rapporte une planète vue de la terre.

 10   Rang.
MALH.: « Nous te sommes si chers, qu'entre tes créatures, Si l'ange est le premier, l'homme a le second »
MALH.: « Et qui peut nier qu'après Dieu sa gloire.... n'ait mérité.... Qu'on lui donne le second ? »
ROTR.: « Quel vassal à ce s'est jamais vu monté ? »
    Terme de palais. Chaque créancier viendra en son .
    Ancien terme universitaire. Les x, les rangs assignés à des concurrents.
RETZ: « La licence de Sorbonne expira ; il fut question de donner les x, c'est-à-dire de déclarer lesquels ont le mieux fait dans leurs actes »
    Habitation.
PASC.: « L'homme ne sait à quel rang se mettre ; il est visiblement tombé de son vrai , sans le pouvoir retrouver »

 11   Place.
MALH.: « Si mon jugement n'est pas hors de son »
MÉZERAI: « L'Aquitaine n'était pas réputée une partie de la France, mais une conquête, et elle gardait toujours les lois et la langue des Romains ; celles des Français n'y avaient point de »
BOSSUET: « Que dirai-je du redoutable secret de la réprobation des Juifs pour donner aux gentils ? »
QUINAULT: « Je le plains, mais le bien qu'en vous le ciel m'envoie Ne laisse dans mon coeur de que pour la joie »
BOILEAU: « Il faut que chaque chose y soit mise en son [dans un poëme] »
J. J. ROUSS.: « Le sort ni les suffrages [pour les magistratures] n'ont aucun dans les gouvernements monarchiques »
    Terme de pratique. Être au et place de quelqu'un, avoir la cession de ses droits et actions.
    On dit de même : subrogé en son et place. En premier, en second, en troisième , en dernier , premièrement, secondement, troisièmement, enfin.
    Tenir de, remplacer, suppléer.
CORN.: « D'une main odieuse ils [les bienfaits] tiennent d'offenses »
LA FONT.: « Soyez-vous à vous-même un monde toujours beau, Toujours divers, toujours nouveau, Tenez-vous de tout, comptez pour rien le reste »
SÉV.: « Mme de R. lui tient de tout »
BOSSUET: « L'approbation tenait de récompense »
RAC.: « Il m'aurait tenu d'un père et d'un époux »
RAC.: « J'ai cru que mes serments me tiendraient d'amour »
RAC.: « Un bienfait reproché tint toujours d'offense »
VOLT.: « Il n'y a presque point de province en France où il [Henri IV] n'ait fait des exploits, à la tête de quelques amis qui lui tenaient d'armée »

 12   Terme de manége. Porter en beau , se dit du cheval qui tient bien sa tête et relève son encolure avec grâce.

 13   Maison, famille.
ROTROU: « Quelque d'où ton sang tire son origine, Tu dois être un rayon de l'essence divine »
LA FONT.: « On tient toujours du dont on vient... »
    Il sent le , il se sent du d'où il vient, c'est-à-dire il a les habitudes, les goûts des gens de sa classe.
LA FONT.: « Jupiter eut un fils qui, se sentant du Dont il tirait son origine.... »
    Maison, société.
MOL.: « En un , l'autre jour, où je faisais visite »
    Bon , bonne famille.
CORN.: « Elle est de fort bon , mon père »
BOILEAU: « En trop bon , dis-tu, ton épouse nourrie.... »
LA BRUY.: « [Ils] croient que venir de bon , c'est venir de loin »
SAINT-SIMON: « Louville était un gentilhomme de bon dont la mère l'était aussi »
    Haut , famille de haute noblesse.
V. HUGO: « Nous qui sommes, De par Dieu, Gentilshommes De haut »
    Bas , basse extraction.
RÉGNIER: « Son sang n'était-il point issu d'un trop bas ? »

 14   Lieu se dit pour désigner d'une manière vague la femme que l'on aime, ou que l'on veut aimer.
CORN.: « M'en croirez-vous, seigneur ? ne la revoyez point ; Portez en plus haut l'honneur de vos caresses »
CORN.: « Que me vient-il de dire, et qu'est-ce que je voi ? Cliton, sans doute il aime en même que moi »
CORN.: « J'ai le coeur trop bon pour lui prêter l'oreille. - Dites le coeur trop bas pour aimer en bon »
CORN.: « Aimez en d'autres x et plaignez Hypsipile »
ROTR.: « J'aime en un , seigneur, où je ne puis atteindre »
QUINAULT: « Mézence était amant en même que moi »

 15   Bon , la bonne société, la société opulente.
BOILEAU: « Où la science triste, affreuse, délaissée Est partout des bons x comme infâme chassée »
    Familièrement. On a parlé de vous en bon , on a parlé de vous en bonne compagnie.
    Haut , la cour, le gouvernement. Il en sera question en haut .
    Dans un sens analogue.
SÉV.: « Il m'assura qu'il en rendrait compte en bon »
BOSSUET: « Il ne cède pas à l'iniquité, sous prétexte qu'elle est armée et soutenue d'une main royale ; au contraire, lui voyant prendre son cours d'un éminent, d'où elle peut se répandre avec plus de force, il se croit plus obligé de s'élever contre »
    Bon , source digne de foi, société haut placée et bien informée.
SÉV.: « Mme de Lavardin m'envoie une bonne relation [de la bataille de Fleurus] plus exacte et prise en bon »
SÉV.: « Tout ce détail est de très bon et rien n'est plus vrai »
SÉV.: « Ce que je vous mande est toujours vrai et vient de bon »
BOSSUET: « À ce qu'on me mande de très bon »
    Par extension, personnage distingué, auteur recommandable.
SÉV.: « Mme de Chaulnes.... me paraît transportée d'avoir M. de Fieubet pour commissaire [aux états de Bretagne] ; j'en suis ravie aussi, et j'avoue que je n'eusse jamais cru qu'on eût mis la main en si bon »
SÉV.: « Je lis les figures de la sainte Écriture [l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec figures].... le style en est fort beau et vient de bon »
SÉV.: « J'ai commencé un livre de piété.... c'est un Traité de la prière perpétuelle.... la préface est de bon [probablement de Nicole] »

 16   L'endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. Ce n'est pas le de parler de cela. Nous en parlerons en temps et .
CORN.: « Va, je reconnaîtrai ce service en son »
SÉV.: « Quand je verrai M. de Vardes en de le remercier »
VOLT.: « Les x, les temps, l'occasion, Font votre gloire ou votre chute ; Hier on aimait votre nom, Aujourd'hui l'on vous persécute »

 17   Occasion, sujet, droit.
CORN.: « Dans les délibérations d'État, où un homme d'importance, consulté par un roi, s'explique de sens rassis, ces sortes de discours trouvent de plus d'étendue »
CORN.: « Ce sont des termes qu'il a si peu expliqués, qu'il nous laisse grand de douter de ce qu'il veut dire »
CORN.: « Ma valeur n'a point de te désavouer »
CORN.: « Ne feignez qu'un moment, laissez partir Sévère, Et donnez d'agir aux bontés de mon père »
CORN.: « Puisqu'il me donne de ce petit service »
CORN.: « Certes Rome à ce coup pourrait bien se vanter D'avoir eu juste de me persécuter »
CORN.: « Et [je] lui veux bien donner tout de me surprendre »
CORN.: « Il n'est aucun de nous à qui sa violence N'ait donné trop de d'une juste vengeance »
ID.: « Carlos a tant de de vous considérer, Que, s'il devient mon roi, vous devez espérer »
CORN.: « Vous n'avez aucun de rien examiner »
CORN.: « Ma soeur, auparavant engagez l'entretien, Et, s'il s'en offre , jouez d'un peu d'adresse Pour votre intérêt et le mien »
MOL.: « Autrefois j'ai connu cet honnête garçon, Et vous n'avez pas d'en prendre aucun soupçon »
PASC.: « Pourvu qu'on ne donne pas à des meurtres »
PASC.: « Sur ce fondement ils prennent de blasphémer la religion chrétienne, parce qu'ils la connaissent mal »
PASC.: « ....Sujets qui tombent sous le sens ou sous le raisonnement : l'autorité y est inutile ; la raison seule a d'en connaître »
SÉV.: « Mme de Montglas a marié sa fille à un provincial appelé Tomassin ; ce provincial a une espèce de moulin qui s'appelle Saint-Paul ; cela donne d'appeler cette jeune femme Mme la comtesse de Saint-Paul »
SÉV.: « La pauvre Marsillac est désolée ; j'ai envie de vous envoyer sa lettre ; cela vous donnera de lui parler et d'entrer en matière »
BOSSUET: « C'est ce qui donna à la vocation d'Abraham »
FLÉCH.: « Ce serait ici le de vous la représenter.... »
RAC.: « Ah ! qu'un aveu si doux aurait de me plaire ! »
RAC.: « Vos prêtres, je veux bien, Abner, vous l'avouer, Des bontés d'Athalie ont de se louer »
MASS.: « Achetons le droit d'être insensibles à leurs censures, en n'y donnant point de »
MASS.: « Quel homme jusque-là avait paru sur la terre qui eût plus de de se glorifier lui-même que Jésus-Christ ? »
D'ALEMB.: « Des ministres dont vous avez tout de vous louer »
    Impersonnellement. Il y a d'examiner cette question.

 18   En de, en occasion de, en situation de, en mesure de.
SÉV.: « Il est en de vous mander les nouvelles beaucoup mieux que moi »
SÉV.: « Si j'étais en de vous donner des conseils »
SÉV.: « Vous êtes en de faire précisément tout ce qu'il faut »
SÉV.: « Ce que vous dit Favier [célèbre avocat] est admirable ; vous en saurez profiter ; vous êtes en bon pour prendre les meilleurs conseils »
SÉV.: « Divertissez-vous de cette jolie enfant [Pauline, fille de Mme de Grignan], ne la mettez point en d'être gâtée »
SAINT-SIMON: « Luxembourg fut averti de la marche de Tilly avec un corps de cavalerie de six mille hommes, pour se poster en d'incommoder ses convois »
    Chateaubriand a dit : mettre à de, pour : mettre en mesure de. Votre père doit sentir l'importance d'une position qui peut vous mettre à de réparer le mal que la révolution a fait à votre fortune, Lett. à Chénedollé, 10 prairial, an X, dans Rev. des Deux-Mondes, 1er juin 1849, p. 747 ; sur quoi M. Sainte-Beuve remarque : ' Cette expression revient dans ces lettres de Chateaubriand, comme dans celles de sa soeur Lucile ; ce doit être une locution du pays [la Bretagne]. ' 19° N'avoir point de , n'être pas reçu, admis.
RÉGNIER: « Les avertissements n'ont ni force ni »
MALH.: « Et mes voeux n'auront point de , Si par le trépas je n'évite La douleur de vous dire adieu »
CORN.: « Cette condition n'aura point de »
BOSSUET: « Ce grand silence de Jésus-Christ sur les comédies me fait souvenir qu'il n'avait pas besoin d'en parler à la maison d'Israël, pour laquelle il était venu, où ces plaisirs de tout temps n'avaient point de »
    Cet emploi vieillit.

 20   Avoir , se dit en parlant de l'époque d'un événement. Cet événement eut l'an dernier. La séance publique aura à la fin de ce mois.
    Par une extension qui n'est pas fort ancienne, avoir a pris le sens de s'opérer, se faire. La combinaison des deux substances aura si l'expérience est bien faite.
BUFF.: « Plus elles [les faisanes] avançaient en âge, plus elles devenaient semblables aux mâles, comme cela a plus ou moins dans presque tous les animaux »

 21   Passage d'un livre.
DESC.: « Il faut marquer d'un trait de plume les x où l'on trouvera de la difficulté, et continuer de lire sans interruption jusqu'à la fin »
PASC.: « Saint Thomas explique le de saint Jacques sur la préférence des riches »
BOSSUET: « Pour ce qui regarde les donatistes, il n'y a personne qui ne sache les fureurs de leurs circumcellions (voy. »CIRCONCELLIONS) rapportées en tant de x de saint Augustin

 22   Terme de rhétorique. Lieux communs, x oratoires, ou, simplement, x, sorte de points principaux auxquels les anciens rhéteurs rapportaient toutes les preuves dont ils faisaient usage dans leurs discours.
    Lieux de logique, chefs généraux auxquels on peut rapporter toutes les preuves dont on se sert dans les diverses matières qu'on traite. Lieux métaphysiques, termes généraux convenant à tous les êtres auxquels on rapporte les arguments, comme les causes, les effets, le tout, les parties, les termes opposés.
    Lieux théologiques, les sources où les théologiens puisent leurs arguments.
    Par extension, x communs, se dit de traits généraux qui s'appliquent à tout.
BOILEAU: « Et tous ces x communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des sons de sa musique »
HAMILT.: « Il épuisa tous ses x communs à tourner la musique en ridicule »
ROLLIN: « L'orateur ajoutera ici un petit commun pour montrer combien il est difficile d'être victorieux et d'être humble tout ensemble »
VOLT.: « C'est une chose assez singulière que les anciens x communs contre les princes et leurs courtisans soient toujours reçus d'eux avec complaisance, comme de petits chiens qui jappent et qui amusent »
VOLT.: « On trouve souvent dans Corneille de ces maximes vagues et de ces x communs, où le poëte se met à la place du personnage »
GENLIS: « Elle ne disait jamais rien de neuf ou de saillant ; mais elle avait perfectionné tous les x communs de la conversation »
    Lieux communs se dit aussi d'idées usées, rebattues.
BALZ.: « Ils [les lâches conseillers] étalent de grands x communs sur les louanges de la paix et du repos »
VOLT.: « Gordon se garda bien de lui étaler ces x communs fastidieux par lesquels on essaye de prouver qu'il n'est pas permis d'user de sa liberté pour cesser d'être »
VOLT.: « Le plus grand écueil des arts dans le monde, c'est ce qu'on appelle les x communs »
VOLT.: « À présent tout est commun ; la plupart des auteurs modernes ne sont que les fripiers des siècles passés »
D'ALEMB.: « Je connais l'ouvrage sur les lettres de cachet ; il serait meilleur si l'auteur, qui n'est pas Linguet, y avait moins prodigué les x communs et les déclamations »
GEORGES SAND: « Ces vérités éternelles que vous appelez des x communs »

 23   Au , loc. adverb. En la place, en remplacement.
DESC.: « ....Farre par ce moyen que, si ces balles [réfléchies contre un corps dur] n'ont eu auparavant qu'un simple mouvement droit, elles en perdent une partie et en acquièrent, au , un circulaire »
    Au de, loc. prép. à la place de.
CORN.: « Prends courage, ma fille, et sache qu'aujourd'hui Le roi te veut servir de père au de lui »
CORN.: « S'il régnait au d'eux, ce n'était que sous moi »
    Au de, marque aussi opposition, différence.
LA ROCHEF.: « Les grands noms abaissent au d'élever ceux qui ne les savent pas soutenir »
VOLT.: « Au de faire un gros livre contre moi, que ne fait-il une Henriade meilleure ? cela est si aisé »
VOLT.: « Si la terre était le centre du mouvement du soleil comme elle l'est du mouvement de la lune, la révolution du soleil serait de quatre cent soixante et quinze ans, au d'une année »
DESMAHIS: « Mais j'ai trouvé dans cette cour L'intrigue au de l'art de plaire, L'intérêt au du désir, La débauche au du plaisir, Le scandale au du mystère »

 24   Au que, loc. conjonct. Tandis que, avec un sens d'opposition.
BOSSUET: « Il n'est rien de plus utile à leur instruction [des princes] que de joindre aux exemples des siècles passés les expériences qu'ils font tous les jours, au qu'ordinairement ils n'apprennent qu'aux dépens de leurs sujets et de leur propre gloire à juger des affaires dangereuses qui leur arrivent »
FÉN.: « Fût-elle bergère au qu'elle est fille du roi »
LESAGE: « Tu es savant, Gil Blas, avant que d'être médecin, au que les autres sont longtemps médecins, et la plupart toute leur vie, avant que d'être savants »

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Fragm. de Valenc. p. 469: Lieu de avant dist
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CXI: ...en tans lius les avons nous portées [nos épées]
     ib. CLVIII: Mais Vaillantif [nom d'un cheval] ont en vint lius navret
     ib. CCXV: Seiez es lius [en place de] Olivier et Rolant
    XIIème siècle
     Couci, X: Mais fol desir fait souvent cuer [coeur] penser En si haut qu'il n'i peut avenir
     ib. XII: Encor viendra s et tens De ma très grant joie avoir
     ib. XVII: Lors me souvient d'une douce dolor Et du douz où mes cuers tent et bée
     ib. p. 124: Beaus services ne sera ja peris à fin amant qui en bon l'emploie
    XIIIème siècle
QUESNES: « Car à nos tems est perdus li sains s, Où Diex souffri pour nous mort glorieuse »
VILLEH.: « Se vous voliez otroier que mes fils demorast en la terre en mon pour garder la et gouverner, je prenroie maintenant la crois »
     Berte, I: Qui l'ont de s en s çà et là conqueilli [un récit]
     ib. XLVI: Et sa cote qui ert [était] en maint despanée
     ib. XLVII: De bon [famille] [elle] est venue
     ib. LIX: Et quant s en sera, tost [nous] y serons verti [revenus]
     ib. LXXII: Jà fut Berte ma fille en si bon nourrie [en si bonne famille]
     ib. LXXXII: Com est Berte ma fille richement mariée, Et en très noble venue et arrivée
     Ren. 17935: Bien set que honte li fera ; Ja si bien ne s'en gardera, S'il en puet leu ne aise avoir
     la Rose, 2003: Et sor tout ce, se riens doutés, Faictes i clef, si l'emportés, Et la clef soit en leu d'ostages
BEAUMANOIR: « Le [la] difference qui est entre le saint et le religieus »
JOINV.: « Celi jour porte l'en croix aus processions en moult de liex, et en France les appele l'en les croiz noires »
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Aucuns jouvenceaux qui n'estoient pas nez de petit »
    XVème siècle
     Perceforest, t. VI, f° 104: Lors desnuerent leurs chefs, puis s'en allerent à la fontaine laver leurs mains, puis retournerent seoir lez les deux chevaliers qui leur firent [place]
COMM.: « Le roy René l'institua en son , avant que mourir »
COMM.: « En de le recueillir, luy tyrerent de grans coups de canon »
COMM.: « Toutes fois cela n'eut point de et l'empeschoit Monseigneur de Ligny »
    XVIème siècle
MAROT: « Que droit regne et justice ait »
CALV.: « Ceste denonciation n'est pas vaine ne frivole, combien qu'elle n'ait pas tousjours »
CALV.: « C'est un grand deshonneur si les chiens et les porceaux ont entre les enfans de Dieu »
LOYSEL: « Exception d'argent non nombré n'a point de »
MONT.: « Au de s'animer des bravades de cet ennemy »
MONT.: « Assigner l'heure et le de la bataille »
MONT.: « Il n'est d'où la mort ne nous vienne »
MONT.: « En premier , je te demande.... »
MONT.: « Ils vont semant parmy leurs ouvrages des x entiers des anciens »
MARG.: « Je ne laisse d'aller deux fois de jour par tous vos jardins et edifice, dont je me treuve, en de lasse, fortifiée »
ID.: « Ce porteur vous saura si bien redire des nouvelles, tant du dont il vient que de cetuy cy, que sa suffisance merite donner à sa parole »
AMYOT: « Ilz amasserent bonne trouppe d'hommes vagabonds, qui n'avoient ne feu ne »
AMYOT: « M. Caton, dès le commencement que les lettres grecques commencerent à avoir et estre aimées à Rome, en fut mal content »

ÉTYMOLOGIE
    Franc-comtois, luë ; bourg. leu, lei ; wallon, lué ; picard, liu ; provenç. loc, luoc, luec ; cat. lloc ; anc. esp. luego ; ital. loco, luogo ; du lat. locus, anciennement stlocus (dans Festus).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE LIEU. Ajoutez :

 25   Terme de topographie. Lieu dit, qui porte un nom particulier.
PEIGNÉ-DELACOURT: « Le but vers lequel tend la publication actuelle n'est autre que d'attirer l'attention sur la valeur historique ou géographique des x dits, mis en place sur des tableaux, d'après les feuilles cadastrales, et dont la philologie essayera d'expliquer les noms si variés »


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 


Nom, sur les côtes de la Bretagne, d'un poisson alimentaire, le merlan jaune, gadus pollachius, L.

ÉTYMOLOGIE
    Bas-breton louanek, leouek,


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


L'espace qu'un corps occupe. "Tout corps occupe un , remplit un , est dans un . Un corps ne peut naturellement être en même temps dans plusieurs x."
Il se dit aussi d'Un espace pris absolument, sans considérer aucun corps qui le remplisse, et vu seulement sous le rapport de la dimension, de la situation, ou de quelque autre circonstance qui le distingue. "Lieu vaste, étroit, resserré. Lieu élevé, éminent, bas, enfoncé, souterrain. Lieu humide, marécageux, malsain. Lieu agréable, charmant, affreux, désert, solitaire, inhabité, sombre, écarté. Voici un beau . C'est le plus beau du monde. C'est un de délices. Changer de , ne faire qu'aller d'un à un autre. En quelque qu'il aille. C'est le où il est né. C'est son natal."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi par rapport à la destination. "Un d'assemblée, de récréation. Lieu public. Lieu particulier. Lieu où l'on rend la justice. Le criminel était arrivé au du supplice. Quel est le du rendez-vous? Mettre chaque chose en son . Mettre une chose en sûr, en de sûreté."
"Le saint, le saint ," L'église, le temple.
"Les saints x," Les x de la terre sainte qui sont célèbres par les mystères de notre rédemption. "Visiter les saints x."
"Lieu de sûreté," signifie quelquefois, Prison; et alors il est familier. "Cet étourdi s'est fait mettre en de sûreté."
"Lieu de plaisance," Maison de campagne uniquement destinée à l'agrément.
"Lieu de franchise, d'asile," Lieu où, en vertu de quelque privilége, on est à l'abri de certaines poursuites. "Les maisons des ambassadeurs sont des x de franchise. Autrefois les églises étaient des x d'asile."
"Mauvais ," Maison de débauche. "Entrer dans un mauvais . Hanter les mauvais x."
"Lieux d'aisances," ou simplement "Lieux," Les latrines. "Aller aux x d'aisances. Aller aux x."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, Un endroit désigné, indiqué; et alors on le met souvent au pluriel. "Quand je serai sur le . Nous irons sur les x. Se transporter sur les x. Les juges ordonnèrent une descente sur les x."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend aussi, surtout au pluriel, pour Les appartements et les différentes pièces d'une maison, d'une ferme, etc. "Il faut visiter les x, et voir s'ils sont en état. Réparer les x. État des x. État de x."
Prov., "N'avoir ni feu ni ," Être vagabond, sans demeure assurée; ou Être extrêmement pauvre.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en Géométrie, se dit d'Une ligne droite ou courbe, dont tous les points servent à résoudre un problème qui a une infinité de solutions.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en Astronomie, Le point du ciel auquel répond une planète, une comète. Comme nous les voyons de la surface de la terre, nous les rapportons à un point différent de celui où elles seraient vues du centre de la terre; ce qui fait qu'on distingue le "Lieu apparent" du "Lieu véritable:" la différence s'appelle "Parallaxe."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Place, rang. "Il tient le premier ." Dans ce sens, il a vieilli, et ne se dit guère qu'en termes de Palais. "Chaque créancier viendra en son ."
En termes de Pratique, "Être au et place de quelqu'un," Avoir la cession de ses droits et actions. On dit de même, "Subrogé en son et place."
"En premier , en second , en troisième , en dernier ," Premièrement, secondement, troisièmement, enfin.
"Tenir de," Remplacer, suppléer. "Votre amitié me tient de tout. Ses agréments lui tiennent de jeunesse. Il vous a tenu de père."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend quelquefois pour Maison ou famille, comme dans ces phrases: "Cette personne vient de bon , est de bon ," Elle est de bonne famille. "Il s'est allié en bon ," Il s'est bien allié. "Il sent le d'où il vient," Il a les habitudes, les goûts des gens de sa classe.
"Bas ," Basse extraction. "C'est un homme de bas . Il vient de bas . Il est sorti de bas ."
"J'ai appris cela de bon , je tiens cela de bon , cette nouvelle vient de bon ," De bonne part, de personnes bien instruites et dignes de foi.
Fam., "On a parlé de vous en bon ," On a parlé de vous en bonne compagnie.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, L'endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. "Ce n'est pas ici le de parler de cela, le de disputer. Nous en parlerons en temps et . J'ai parlé de ce fait en son . Ce n'est ni le temps ni le ."



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Moyen, sujet, occasion. "Nous verrons s'il y a de vous servir, s'il y a de vous faire payer, s'il n'y a pas de craindre, de douter, d'espérer, etc. Si je trouve d'entamer cette affaire. Il y a de délibérer. J'ai de me plaindre de votre conduite à mon égard. Je n'ai pas donné à vos emportements contre moi. Donnez-moi de vous obliger."
"Avoir ," se dit en parlant De l'époque d'un événement. "Cet événement eut l'an dernier. La séance publique aura à la fin de ce mois."



11ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Un endroit ou passage d'un livre. "En quel Platon l'a-t-il dit? Aristote dit dans plus d'un "...
En termes de Rhétorique, "Lieux communs, x oratoires," ou simplement "Lieux," Sources générales d'où un orateur peut tirer ses arguments et ses moyens. "Aristote a traité des x communs."
"Lieux communs," se dit aussi de Certains traits généraux qui peuvent s'appliquer à tout, de certaines réflexions générales qu'on fait entrer dans un sujet particulier. "Il a commencé l'éloge de ce magistrat par un commun sur la justice. Ses sermons ne sont que des x communs. Un recueil de x communs."
"Lieux communs," se dit encore Des idées usées, rebattues. "Il ne dit que des x communs."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

dout. au singul. long. au pl. "lieux".] 1°. L'espace qu'un corps ocupe. 'Tout corps est dans "un ": il ne peut être naturellement en plusieurs "lieux".
- 2°. Endroit: '"Lieu" agréable, ou afreux, désert, solitaire.
- 3°. Endroit indiqué. 'Nous irons "sur les x". 'Descente du Juge "sur les x".
- 4°. Place, rang. 'Le premier "lieu", le troisième "lieu" d' une licence. 'Chaque créancier viendra "en son ". 'Être "au " et place de... "En premier ", "en troisième ", etc. "Adv." Premièrement, troisièmement, etc.
- 5°. Maison, famille. 'Venir "de bon ", ou "de bâs "; s'allier "en bon ".
- 6°. L'endroit, le tems convenable de dire, de faire. 'Ce n'est pas ici "le de disputer". 'Nous en parlerons "en tems et ".
- 7°. L'endroit, le passage d' un livre. 'Aristote dit "en plus d'un ", etc.
   REM. "Lieu", "endroit", "place" (synon.) "Lieu" marque "un total" d'espace; "endroit" n'indique proprement que "la partie" d'un espace plus étendu; "place" insinûe une idée d'ordre et d'arrangement. Ainsi l'on dit: "le " de l'habitation, "l'endroit" d'un livre cité";" "la place" d'un convive, ou de quelqu'un qui a séance dans une assemblée. 'Paris est "le " du monde le plus agréable. 'Les espions vont dans tous "les endroits de" la Ville. 'Les premières "places" ne sont pas toujours les plus commodes. GIR. "Synon."
- De-là concluons qu'on ne peut dire, comme a dit "Boileau:"
   Et laissoit "en leur ",
   À~ des Chantres gagés, le soin de louer Dieu.
"En leur place" aurait été beaucoup plus propre, selon moi, dit "La Touche"; ni "lieu" pour "endroit", en parlant d'un livre, comme a dit "Bossuet". 'Il faudroit conclure "de ce lïeu", (de cet endroit) que, etc. 'Voici "dans le même " (dans le même endroit) des paroles qui ne sont pas moins étranges. 'Dans "ce " (cet endroit) de St. Augustin~; ni "lieu", pour "place", comme a dit "Voitûre": 'Tenant "le " (la place) où vous êtes, il n'y a rien que vous trouviez plus mal aisément que des affections aussi pûres que la mienne.
   "Avoir" ou "y avoir ", régit "de" et l'infinitif. '"J'ai de me faire plaindre". '"Il" n' y "a" pas " de" tant "crier". = "Tenir " la prép. "de": 'Il "m'a tenu de" père. = "Doner " le datif des noms et "de" devant les verbes. 'Ne "lui donnez" pas " de se plaindre". = Au reste, "avoir" et "doner " se disent sans article. 'Ces plaisirs n'y "avoient" point "de ". Boss. Le "de" est de trop. 'Cette obligation n'"a" plus "de " pour les simples fidèles. "Griffet". 'La vengeance de Dieu "n'a" pas "de ", quand on a soin de la prévenir. "Id." Ce qui a induit en erreur ces illustres Ecrivains, ce sont les adverbes "point", "plus" et "pas", qui sont ordinairement suivis de la prép. "de": mais dans ces expressions, ils s'emploient sans régime. = "Y avoir " régit le datif des noms, (la prép. "à") et non pas le génitif (la prép. "de"). 'Leur animosité réciproque étoit montée à un tel degré, qu'il ne pouvoit pas "y avoir de" réconciliation. "Targe". Dites, "à la" réconciliation. = "Être en " régit "de" devant les verbes. 'Vous "êtes en de prendre" vos résolutions sur le lait.
   "Au ", prép. régit aussi "de" devant les noms et les verbes. '"Au de lui", "au de faire", etc.
- Quelques Auteurs ont dit "en de", mais il ne se dit plus. = "Au que" régit l'indicatif. 'Il persécute ses bienfaiteurs, "au qu'"il "devroit" les défendre. 'Il s'est montré, "au qu'"il "auroit dû" se cacher. = "Au de" et "au que" peuvent se placer, ou au comencement de la phrâse, ou au second membre. '"Au de venir", il s'est enfui, "ou" Il s'est enfui "au de venir". '"Au qu'"il "auroit dû" me remercier, il me boude; ou bien, il me boude, "au qu'"il "auroit dû" me remercier. = "Au et place de" est une expression usitée au Palais. 'Le créancier est subrogé "au et place d'un" autre, dont il a la cession.




Emplacement dans le dictionnaire :

lien
lienne
lienterie
lientérique
lier
lierne
lierre
lierre terrestre
liesse

lieûe
lieuë
lieue
lieur
lieuse
lieutenance
lieutenant
lièvre
lievre
lift
ligament




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Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...attente, hélas ! Ce bras levé, chacun le fixait malgré lui dans un effroi commun. Enfin le bruit du coup résonne à notre oreille. Mais, ô divin prodige, incroyable merveille ! Comment et dans quel lieu s'en fut-il retiré, le beau corps virginal que nous avions pleuré ? Une biche était là, sur l'autel étendue, énorme de sa taille, agréable à la vue ; ses membres palpitaient encore et de son flanc...


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Citation n°3 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

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Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

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Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

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